Quelle est l’histoire de l’espion que l’Iran a exécuté ?

Ce dimanche 7 août, lors d’une conférence de presse, Gholamhossein Mohseni-Ejeie, le porte-parole de la justice iranienne, a annoncé l’exécution de Shahram Amiri qui a eu lieu le 3 août pour avoir fourni des informations secrètes aux Etats-Unis. 

« Cette personne avait accès aux informations secrètes et même top secret du régime et s’était mise en relation avec notre principal ennemi, le grand Satan, les Etats-Unis. Elle livrait à l’ennemi des informations top secret et vitales du pays. »

« Amiri a été pendu », a annoncé le porte-parole de la justice iranienne, sans préciser le lieu ou l’heure exacte.

En printemps 2009, Shahram Amiri, physicien iranien et expert en atomique à l’université Malek Ashtar, est porté disparu lors de son pèleringe à La Mecque. Les Etats-Unis sont alors accusés de l’avoir enlevé mais le département d’Etat qui est dirigé par Hillary Clinton affirme n’avoir aucune information concernant le physicien.

Mais fin mars 2015, la chaîne américaine ABC, avance des preuves selon lesquelles Shahram Amiri aurait été approché par un agent de la CIA à Téhéran avant sa disparition. La chaîne américaine a affirmé que le physicien a collaboré avec la CIA au sujet du programme nucléaire iranien. De plus, rappelons qu’à cette époque, la crise est à son comble entre les Occidentaux et l’Iran, accusé de chercher à fabriquer l’arme atomique.

Le 7 juin 2010, dans une vidéo diffusée par la télévision iranienne, Shahram Amiri refait apparition pour la première fois. Dans cette vidéo, il dit avoir été enlevé par la CIA et qu’il aurait été menacé et embarqué dans une camionnette blanche par 2 agents parlant le persan à son hôtel en Arabie Saoudite. Mais coup de théâtre, une autre vidéo est diffusée dans laquelle il affirme être aux Etats-Unis en sécurité, et qu’il souhaite y poursuivre ses études. Cependant, dans une troisième vidéo, postée le 29 juin, il raconte avoir réussi à s’échapper et gagné la Virginie.

Shahram Amiri réapparaît à l’ambassade du Pakistan, à Washington D.C, 2 semaines plus tard. Il dit vouloir rentrer en Iran. De plus, ill accuse les Etats-Unis de vouloir étouffer l’affaire, d’avoir voulu le renvoyer discrètement en Iran et de lui avoir offert 10 millions de dollars pour dire publiquement qu’il avait demandé l’asile aux Etats-Unis.

Suite à cela, Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, décide donc de s’exprimer sur l’affaire. Pour la première fois, lors d’une conférence de presse, elle confirme que le scientifique est bien aux Etats-Unis, mais qu’il est arrivé de « son plein gré et qu’il est libre de repartir ».

Son rapatriement est organisé et le 15 juillet 2010, il atterrit à l’aéroport Imam Khomeini à Téhéran. Il pose face aux caméras, avec le V de la victoire et est célébré par plusieurs dignitaires venus l’accueillir. Cependant rien n’y fait, malgré le chaleureux accueil, Shahram Amiri est remis en doute par les services iraniens, et est condamné à 10 ans de prison.

Même après sa condamnation, l’histoire ne prend pas fin. En effet, le New York Times écrit, en citant des responsables américains, que Shahram Amiri, bien que simple expert sans rôle majeur dans le pays, avait été pendant des années un informateur de la CIA en Iran. Il avait pour rôle, selon le quotidien américain, de fournir des informations sur le programme nucléaire iranien et il était payé de 5 millions de dollars.

Entre son emprisonnement et cette exécution, aucune information n’a filtré sur la situation de Shahram Amiri. Le porte-parole du ministère de la justice a précisé qu’il avait été « condamné à mort par le tribunal de première instance, conformément à la loi ». Il avait « fait appel du verdict mais la Cour suprême a confirmé la peine ».

« Non seulement il ne s’est pas repenti mais il a essayé d’envoyer de fausses informations depuis l’intérieur de la prison, et il a finalement été puni », a poursuivi le responsable iranien. Il précise que « les Etats-Unis ont été dupés par notre système de renseignement. Les renseignements américains croyaient que l’Iran n’avait pas d’informations sur le transfert de cet individu en Arabie saoudite et sur ce qu’ils faisaient. Mais nos services de renseignement étaient au courant de tout ».

Mardi, Hassan Rohani, le président iranien, a déclaré que les Etats-Unis venaient de gâcher l’occasion de l’accord nucléaire et que ça n’allait pas faciliter les relations commerciales entre l’Iran et le reste du monde car Washington maintient des pressions sur les grandes banques internationales.

Sayed Ali Khamenei a affirmé qu’il ne faudrait pas leur faire « confiance ».

Avec comme source : l’OBS. 

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