Trump: qu’en pense le monde musulman ?

De la Syrie à l’Irak, en passant par la Palestine, l’Iran et la Turquie ou encore les pétromonarchies, face à la victoire de Donald Trump, le monde musulman reste en alerte, perplexes pour certains, confiants pour d’autres.

En décembre 2015, Donald  Trump affirmait qu’il souhaitait empêcher l’entrée des musulmans sur le territoire des Yankees. En août dernier, il attaquait un couple musulman dont le fils qui servait l’armée américaine, est décédé en Irak. Les tensions entre le nouveau président des Etats-Unis et les musulmans sont bien réelles. Pourtant, après cette victoire inattendue, Trump semble freiner la virulence dans ses propos. « Nous nous entendrons avec tous les autres pays qui ont la volonté de s’entendre avec nous ».

Au Moyen-Orient, les dirigeants ont appelé le nouveau président des Etats-Unis, à les aider à résoudre le conflit. Conflit qu’il n’a pas beaucoup évoqué lors de sa campagne.

L’Arabie Saoudite, mais aussi les dirigeants des Emirats Arabes Unis, du Koweït, du Qatar et de Bahrein, alliés des Etats-Unis dans le Golf, ont fait parvenir leurs félicitations au républicain, et ont souhaité « le succès dans sa mission pour réaliser la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient et dans le monde ». Ces monarchies voyaient Barack Obama d’un mauvais œil après que celui ci ait prononcé son rapprochement avec Téhéran, et se soit engagé dans la guerre contre Bachar al-Assad.

En Syrie, les réactions divergent. La présidence de Trump a été accueillie comme une « bonne surprise » à Damas selon Waddah Abed Rabbo, directeur du média Al Watan. De l’autre côté les résistants ont réclamé une nouvelle politique car « l’expérience avec l’administration Obama n’a pas été bonne » a déclaré Bassam Mustapha, membre du conseil politique de Nourredine al-Zinki, un groupe rebelle anti régime de Bachar el-Assad.

Trump avait en outre déclaré « si vous regardez le Moyen-Orient, c’est le chaos total […] l’Etat Islamique est une bien plus grande menace contre nous qu’Assad ». Par ailleurs il ne se cache pas d’être admiratif de Vladimir Poutine.

En Palestine, l’ambiance est beaucoup moins confiante, en effet, Nabil Abou Roudeina, porte parole de l’Autorité palestinienne a annoncé que la position de Trump serait la même que celle d’Obama. « Nous sommes prêts à travailler avec le président élu sur la base d’une solution à deux Etats afin d’établir un Etat Palestinien sur les frontières de 1967″ a t-il dit. Le Hamas quant à lui, affirme qu’il ne comptait pas sur un changement politique énorme, et que leur conflit est toujours à parti pris. En effet, Benyamin Netanyahu a affirmé que Trump était un « véritable ami de l’Etat d’Israël ». Quant au républicain, il admet sans langue de bois que « résoudre ce problème est un chantier quasi impossible, c’est probablement la négociation la plus difficile de tous les temps, mais j’adorerais tenter le coup ».

Du côté iranien, c’est la question du nucléaire qui enflamme le débat, puisqu’en juillet 2015, l’accord nucléaire a été conclu entre l’Iran et 6 grandes puissances, dont les Etats-Unis. Trump avait alors déclaré qu’il « déchirerait » cet accord. L’Ayatollah Ali Khamenei avait alors répondu que dans ce cas, l’Iran le « brûlerait ». Ce mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangère a appelé le nouveau président à respecter cet accord. Les dirigeants de la république islamiques considèrent que le Trump élu laisse apparaître une image plus modérée que durant sa campagne électorale, « c’est un point notable » selon Hassan Rohani.

Quant aux turcs, Erdogan a affirmé à la télévision « qu’une nouvelle ère s’ouvre ». Les relations entre l’administration Obama et la Turquie, tous deux alliés à l’Otan, avaient été déchirées suite à la tentative du coup d’état. De plus, la question des milices kurdes en Syrie, appuyées par Washington contre Daech fait débat, les deux pays s’opposent sur ce point. Mais les relations cordiales qui semblent régner entre Trump et Poutine rassurent la Turquie.

Pour finir, l’Egypte, qui fut le premier pays arabes à adresser ses félicitations à Trump, avec à la tête, Sissi, « espère que la présidence de Donald Trump apportera un nouveau souffle aux relations égypto-américaines ». Les deux pays qui étaient des alliés de longues date au Moyen-Orient, s’étaient brisés depuis la destitution du président Mohamed Morsi en 2013. Les Etats-Unis avaient par ailleurs reproché à plusieurs reprises le manque de respects des droits de l’Homme par l’armée de Sissi. Cependant l’Egypte s’est récemment rapproché de la Russie, et avant les élections américaines, Sissi avait assuré que « Monsieur Trump serait un bon dirigeant ».

Notons que depuis hier, des milliers de personnes protestent la victoire de Donald Trump dans plusieurs grandes villes des Etats-Unis. Les musulmans américains sont pessimistes et inquiets sur leur sort dans les mois à venir.

 

Avec comme source: Afp.

Un commentaire

  1. Salam rala men tabira el houda,

    Rien ne changera au moyen-orient: Trump a l’intention de revoir l’accord Iran/5+1 pour le rendre « plus acceptable » aux monarchies diaboliques du CCG afin que la RII ne se renforce pas économiquement parlant…
    Trump défend Israël et veut déplacer l’ambassade US à Al Quds en Palestine et ne reconnaît pas la solution à deux États…
    Il veut aussi limiter voire interdire l’accès des Musulmans aux USA, pendant ce temps les ahls saouds de ryadh et les khawarejs de doha et les mourjiats d’abou dhabi qui se réclament fallacieusement de l’Islam sunnite en parfaits mécréants et hypocrites genocident les musulmans croyants ( les Chiites) au Yémen, en Irak et surtout en Syrie mais Allah awj dejouera leur complot terroriste bi idhnihi!.

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