Sur les traces de l’Imam Hussein malgré la menace terroriste !

1336 ans nous séparent de la bataille de Karbala ; terre sainte sur laquelle s’est déroulée des scènes d’horreur.  Et voilà que nous revivons chaque jour cette tragédie à travers de nombreux massacres commis dans le monde. Et pour quelle raison ? Tout simplement parce que l’armée des Omeyyades est toujours présente. En réalité les ennemis de l’Imam Hussein ont laissé place aux combattants de Daech. Les noms ont changés mais pas les actes…

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Premier jour du mois de Muharram des millions de fidèles bravent la menace terroriste en se rendant à Karbala, Irak.

 

Bravoure et héroïsme de l’Imam

Hussein, petit-fils du Prophète Mohammed (saws), appelé aussi Prince des Martyrs, mort en martyr au mois de Muharram d’après le calendrier islamique, en 680 (de notre ère), a sacrifié sa vie afin de ne pas être condamné à vivre dans la soumission et l’humiliation du Calife Omeyyade despotique. En effet, à l’époque Yazid, calife illégitime, a fait de son possible pour que l’Imam Hussein lui prête allégeance. Lorsque Yazid a compris que l’allégeance n’aura pas lieu, il décida donc de mettre fin à la vie de Hussein, de sa famille ainsi que ses compagnons en sachant pertinemment que  l’Imam  n’était autre que le petit-fils du Prophète, Messager sacré dans la religion musulmane.

Ainsi lors de la bataille de Karbala, encerclés dans le désert par une armée de 30 000 hommes, proches et amis de l’Imam Hussein meurent tour à tour jusqu’à ce qu’il ne reste l’unique Prince des Martyrs. Mais ses compagnons étaient prêts à se sacrifier dans le but d’éviter toute confrontation entre l’armée des Omeyyades et l’Imam Hussein ainsi que sa famille car ce sont tout de même les descendants du Prophète. Mais le destin en a décidé autrement. Hussein s’est défendu jusqu’au dernier souffle en tuant plusieurs soldats. Pas étonnant qu’il soit le petit-fils du Prophète et le fils de l’Imam Ali, prince des croyants, successeur du Messager de Dieu et époux de la fille de Mohammed. Deux figures emblématiques chez les Musulmans ne serait-ce que par leur courage et leur bravoure.  Si l’Imam Hussein a combattu et a choisi de se rendre sur cette terre nommée « Karbala » ce n’est pas un hasard, tout d’abord car il  savait pertinemment que son destin était de mourir en martyr sur cette terre sainte de plus son but était de préserver le vrai Islam et de faire passer ce message universel.

Aujourd’hui les partisans des Ahl El Beit (famille du Prophète, gens de ma maison plus précisément en arabe) continuent de lutter afin de protéger cet Islam tout en sachant que les descendants de l’armée des Omeyyades essaient de faire tout le contraire : donner une image médiocre de cette religion si enrichissante. Il est vrai que  lorsqu’on essaie de s’y intéresser plus, à travers les livres, voire des discours on y découvre une autre vision, pas celle relayée par nos médias.

Et l’histoire se répète…

On peut prétendre que les ancêtres de Daech ou encore Al Qaeda ne sont tout autre que ceux qui ont combattu  l’Imam Hussein et  sa famille. Mais cette fois-ci ce ne sont pas seulement ceux qui suivent les Ahl El Beit qui sont pris pour cible mais toutes confessions confondues. Ces musulmans persécutés  restent toujours leur priorité, bien qu’ ils ne représentent qu’une minorité à l’échelle mondiale.

Par ailleurs ces groupes terroristes armés ont depuis quelques années commencé la création d’un Etat Islamique, souhaitant s’étendre dans la péninsule arabique. Effectivement l’Etat Islamique s’est  revendiqué appartenant à une religion qui est l’Islam alors qu’il n’à rien à voir avec cette dernière car ces takfiristes se comportent tout sauf comme de vrais musulmans en égorgeant et en décapitant tout ce qui passerait devant eux : femmes, enfants, personnes âgées en sont les victimes. Leurs aïeux, autrefois, l’avaient fait, pas mêmes les nouveau-nés étaient épargnés. Mais dans les pays où ces terroristes sont présents, un nouvel obstacle apparaît : la résistance, inspirée de par l’Imam Hussein, cette organisation est prête à tout, quitte à mourir en tant que martyr pour sauver l’honneur et l’Islam. De ce fait des milliers de combattants de la résistance sont déployés un peu partout afin de protéger ce que le prince des Martyrs  nous a laissé.

 

Un Imam Hussein, toujours présent dans le cœur des croyants

Hussein a su rassembler et toucher les cœurs de tous ceux qui ont encore un fond d’humanité en eux. Il a ému plus d’un. Ses fidèles ainsi que des gens appartenant à d’autres confessions continuent à pleurer sa mort car pour pleurer la tragédie de Karbala il faut d’abord être humain peu importe la religion que l’on porte dans notre cœur.

Cette tragédie a pu regrouper des millions de pèlerins et de visiteurs à Karbala durant le mois de Muharram, et particulièrement le 10ème jour qui correspond dans le calendrier islamique au jour de la mort de l’Imam Hussein. Cependant tout au long de l’année Karbala ouvre ses portes et des milliers de visiteurs s’y rendent. Sur cette terre sacrée on peut voir chrétiens tout comme sunnites visiter les mausolées.

Pleurer pour l’Imam Hussein ne fait pas de nous une personne faible ou une personne qui exagère. Pleurer cette tragédie c’est pleurer l’humanité et la justice. Car oui cet homme représente toujours la résistance contre l’oppresseur et est symbole de la liberté. Une raison pour laquelle de dire que l’amour que certains éprouvent à l’égard de l’Imam Hussein est un amour qui va au-delà des  frontières.

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Imam sunnite assistant aux nuits de Muharram portant la photo de haut commandants tombées en martyr sur la voix de l’Imam Hussein. (Banlieue Sud de Beyrouth, Liban)

Nous vivons actuellement le deuil des 40 jours de l’Imam Hussein. Ses fidèles se rendront pour faire le pèlerinage et marcheront des kilomètres avant d’atteindre Karbala, tout en étant invité à manger et à boire à chaque coin de rue.  Une marche qui devrait être médiatisée davantage car c’est l’un des plus grands pèlerinages au monde, 20 millions de pèlerins comptait l’année dernière Karbala. Malheureusement aujourd’hui beaucoup ignore l’existence de cet événement spectaculaire. Certains se poseraient même la question suivante : Pourquoi pleure-t-on la mort d’un homme qui a disparu il y a déjà 14 siècles ? Peut-être parce qu’il s’est sacrifié pour nous, pour qu’on puisse vivre dans la dignité et la justice.

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Rosana El Toufaili

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