Pakistan: Le Général Sharif impose 3 conditions à l’Arabie Saoudite pour commander l’IMAFT

Le chef de l’armée Pakistanaise, Raheel Sharif, a été nominé en tant que commandant de l’alliance militaire des 39 pays musulmans sunnites, dirigée par les Wahhabites, l’IMAFT, ayant pour but de lutter contre le terrorisme, mais aussi l’Iran. Le Général Sharif a décidé d’accepter ce poste en imposant 3 conditions strictes à l’Arabie Saoudite.

En décembre 2015, le ministre saoudien de la Défense Mohammed bin Salman a annoncé la formation d’une alliance de pays à majorité musulmane sunnite censée viser la lutte contre les groupes extrémistes tels que Daech, mais aussi Téhéran. Cette alliance militaire islamique a été nommée IMAFT (Islamic Military Alliance to Fight Terrorism).

La décision d’Islamabad de rejoindre l’IMAFT a été critiquée par la communauté chiite du Pakistan, qui représente environ 20% de la population du pays. Le mouvement risque de renforcer les clivages entre chiites et sunnites pakistanais.

Malgré son partenariat étroit avec l’Arabie saoudite, le Pakistan souhaite rester neutre et refuse de s’ingérer dans les débordements de la région, il a également cherché à maintenir des relations positives avec l’Iran et même à les améliorer, notamment pour maintenir leurs échanges commerciaux et énergétiques.

En effet, le Pakistan a même risqué des liens très serrés avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, après avoir refusé de fournir des forces militaires à la Coalition Arabe dirigée par les Wahhabites, contre les Houtis au Yémen en avril 2015.

Le Général Raheel Sharif a déclaré que c’était un honneur pour lui et le Pakistan d’être à la tête de cette alliance, cependant il a imposé 3 conditions à Riyad.

  • Inclure l’Iran dans l’alliance militaire afin que l’organisation ne soit pas de nature sectaire et dite « Sunnite ».
  • Il ne travaillera sous le commandement de personne.
  • Il sera libre mandataire d’agir en tant qu’arbitre si nécessaire pour promouvoir l’harmonie entre les pays musulmans.

De son côté l’Iran a également assuré qu’il accepterait le rôle de médiateur du Pakistan dans la crise au Yémen si le général Sharif prenait le commandement à l’IMAFT.

Par ailleurs, Téhéran, par l’intermédiaire de son consulat au Pakistan, a assuré qu’il coopérerait non seulement avec  Islamabad pour contrôler la crise au Yémen, et entamerait également des négociations avec les Houtis.

Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif a déclaré lors d’une interview accordée aux médias pakistanais que son gouvernement avait accepté la nouvelle nomination du General Sharif. « Cela signifie certainement que le Pakistan devra s’éloigner de son positionnement neutre très réussi avec l’Arabie Saoudite et l’Iran, et cette position signale aux Saoudiens que le Pakistan est avec eux, mais sans vraiment faire beaucoup pour eux », a déclaré Moeed Yusuf, un Expert Pakistanais à l’US Institute of Peace à Washington.

Avec comme sources: Pakistan Daily, The Guardian, The National

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.