Daesh

L’expansion de Daesh : force ou peur ?

Au bout de neuf ans de sa création, Daesh a pu réaliser une expansion étonnante, notamment en Irak et en Syrie. Par ailleurs, en opérant dans plusieurs zones tels que le Liban, l’Egypte, la bande de Gaza, l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Afghanistan, la Russie, la Lybie, l’Algérie, la Tunisie, et le Nigéria …

Tout d’abord, il est nécessaire de s’interroger sur la notion de force et ses nuances, et celle de peur et ses aspects, en vue de décrire distinctement le phénomène de l’expansion de Daesh.

En fait, il y a beaucoup de définitions à l’égard de la notion de force. Mais ce que nous pouvons en retenir s’agit de la force qui consiste en puissance de réaliser les objectifs… alors le puissant est celui qui détient la force, et cette force se traduit en puissance qui incarne le pilier essentiel et primordial dans le champs de la réalisation des objectifs. Et cela indique que la force se constitue de deux dimensions : dimension physique et morale, et la première constitue l’aspect tangible, et la deuxième constitue l’aspect abstraite, et ce dernier conditionne le premier. Par exemple, si nous considérons un pays comme une puissance militaire, cela veut dire que ce pays possède une armée exceptionnelle dans toutes ses dimensions. Mais cette armée exceptionnelle est issue de nombreux éléments tels que l’intelligence, la vision, la sagesse, etc. Et ces éléments constituent l’aspect abstraite de force, et qui donnent naissance son aspect matériel et palpable.

Dans ces conditions, la curiosité nous amène à s’interroger sur la nécessité de nuire autrui, dans le but de réaliser des objectifs, par celui qui prétend d’être puissant ? Est-ce que la puissance qui forme la quintessence et moelle de force a besoin d’autres éléments auxiliaires de l’extérieur, telles que l’oppression, la violence…, qui ne conforment pas avec l’aspect suprême de force (l’aspect abstraite :intelligence, raison, sagesse ..) pour jouer son rôle dans le cadre de l’achèvement des objectifs ? La réponse logiquement est négative. Car si la contradiction anime l’ambiance et l’action de différents éléments d’une unité, cette dernière sera incapable de réaliser la performance attendue. En conséquence, si un objectif est réalisé par le biais de l’oppression et de la violence, cela manifeste la faiblesse du réalisateur, c’est-à-dire c’est un être dénué de force et de puissance. Etant donné que, l’aspect suprême de force qui se reflète sur son aspect secondaire est contradictoire avec les moyens utilisés pour achever les objectifs.

Alors, la question qui se pose est d’où vient cette faiblesse qui forme une sorte de nuance qui empêche de mettre le concept de force en évidence distinctement ? En fait, cette faiblesse est native d’un profond sentiment qui anime l’être assoiffé de sécurité et de protection ou d’acquisition des avantages liées à son gloire, aisance et bien-être. En effet, ce sentiment pénible est produit par l’idée ou la vue d’un danger. Entre autres, la présence d’un obstacle (des obstacles) sur le chemin de la réalisation des objectifs. C’est-à-dire cet être fiche les jetons. Alors, le mot le plus stricte pour caractériser l’état de cet être est la peur. Et cette dernière met sa victime dans un trou rempli d’angoisse, d’anxiété, d’inquiétude et de trouille. En réalité, le sentiment de la peur détient deux types de victimes : la victime qui est paralysée et dépourvue de toute action pour dominer ce sentiment à cause de la forte pression dérivée de cette émotion qui rend toutes ses facultés dans un état inactif. Et l’autre victime est celle qui essaye de dominer ce sentiment pénible en utilisant toutes ses facultés à travers des moyens plus ou moins bons. Ce qui fait que la réaction de cet être dans un tel état pourrait être accompagnée d’éléments qui attirent l’attention, telles que la vivacité, la violence, l’oppression etc. En fait, ces éléments sont souvent organisés dans une harmonie qui crée la confusion entre la peur et la force. Ainsi, toute violence, oppression et lésion dont l’individu subi par un prétendant de force et de puissance en vue d’atteindre ses objectifs, montre la faiblesse de ce prétendant qui passionne à surmonter le déséquilibre qui règne chez-soi animé par le sentiment de la peur. Car le fort et le puissant n’a pas besoin d’être un violent ou un oppresseur pour concrétiser ses objectifs. Puisque, l’oppression et la violence sont contradictoire avec l’aspect suprême de force comme nous l’avons déjà mentionner au-dessus. Donc, la violence et l’oppression quelques soient les motifs dévoilent la faiblesse et la souffrance psychologique de l’acteur.

Par ailleurs, en mettant le concept de force et de peur en évidence, il n’est plus trop compliqué de discerner le levier essentiel et abstrait de l’expansion de Daesh. Car, sa nature, son caractère, ses méthodes et ses objectifs lui ont crée un environnement plein de dangers. Et qui menace ses intérêts ainsi que son existence. En fait, l’organisation a très bien compris le message venant de son environnement. Et ce message de menace a suscité un sentiment de peur qui anime toutes les actions de l’organisation. Alors, pour faire face à cette émotion ardue, tous les moyens sont bons quelques soient leurs natures. Et une telle attitude reflète la faiblesse et manque de solution concrète qui correspond avec le standard de véritable force et puissance. dans ces conditions, l’acquisition d’une espace géographique étendue soumise à son contrôle, constituerait un point stratégique de se mettre à l’abri de toutes sortes de déstabilisations. Donc, pour réaliser cette tâche, en tant qu’une entité dénuée de force et de puissance, elle a choisi la violence, la tuerie, l’oppression et la barbarie comme une alternative.

Tout compte fait, cet expansion est issue de la peur d’être neutralisé et déstabilisé. Car l’existence de cet organisation constitue un virus mortel à l’égard de l’humanité. Alors, sa disparition s’agit une priorité absolue. Donc, face à cette situation, l’organisation perd contrôle. Ce qui fait qu’elle perd son équilibre moral sous l’influence de plusieurs forces émotionnelles qui se contrebalancent exactement.

CHEIKHOUNA NDIAYE
Spécialiste en Science Politique (Relations Internationales et Diplomatie)

Un commentaire

  1. BRAVO MONSIEUR NDIAYE pour cet article

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