Pourquoi Netanyahu tremble t-il autant face au nucléaire iranien ?

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a eu l’audace de contester l’accord conclu par les 6 puissances avec l’Iran concernant son programme nucléaire, affirmant qu’avant de pouvoir être signé, il devait inclure une reconnaissance claire et non équivoque du droit d’existence de l’état d’Israël.

Bien heureusement, cette demande hors contexte a été rejetée de plein fouet par la porte-parole du département d’Etat américain, Marie Harf, qui a déclaré: « Cet accord ne traite pas d’autres questions, et n’a pas lieu d’être ».

Cette réponse rapide et sans ambiguïté adressée à Netanyahu est une façon de lui dire qu’il doit cesser d’aboyer sur des questions ne le concernant pas.

Netanyahou a travaillé sans relâche pour empêcher Washington d’accepter que l’Iran dispose de l’énergie nucléaire, mais aussi pour provoquer son allié de la Maison Blanche à entreprendre une grève militaire contre le némésis de Tel Aviv.

L’attitude du Premier ministre israélien découle de trois grandes préoccupations:

  • Premièrement, Israël doit remettre de l’ordre en ce qui concerne son énergie nucléaire qui va mal. Elle doit aussi obliger Tel Aviv à placer l’usine de traitement nucléaire de Dimona sous les auspice du TNP (Traité de non prolifération du nucléaire). Rappelons qu’Israël nie actuellement même l’existence de Dimona.
  • Deuxièmement, si Washington lève ses sanctions sur l’Iran, la république islamique deviendra la plus forte puissance régionale du Moyen-Orient et un allié alternatif fiable et efficace pour Washington.
  • Troisièmement, l’accord poussera d’autres puissances régionales telles que l’Égypte, la Turquie et l’Arabie saoudite à établir des capacités nucléaires, apparemment pour un usage pacifique et domestique, mais avec le potentiel d’une amélioration de l’enrichissement militaire si cela était nécessaire.

Si l’Iran, en dépit de l’embargo américain depuis plus de 30 ans, a réussi à élaborer un programme nucléaire et accumuler un arsenal sophistiqué, on ne peut qu’imaginer comment il va avancer une fois les sanctions levées.

Netanyahou n’est pas le seul à se soucier que l’Iran soit sur le point de perturber l’équilibre du pouvoir et de devenir la superpuissance régionale sans rivale. Cela aura à son tour un effet de coup sur le statut de ses propres alliés régionaux, soulageant par exemple la pression sur la Syrie et l’Irak, ainsi que les éléments chiites au Liban, au Yémen et au Bahreïn.

Bien que Téhéran se soit rapprochée de Washington, il est peut probable que l’on assiste à la renaissance d’une amitié intime telle qu’elle existait à l’époque du Shah, quand l’Iran était alors le « policier régional » aux ordres des Etats Unis.  En effet, le gouvernement iranien actuel possède un haut degré de fierté nationale et n’a pas l’ambition de rejoindre l’OTAN. D’autant plus que la république islamique est étroitement liée à la Russie.

L’accord américano-iranien peut être considéré comme un échec pour certains pays arabes, mais offre un résultat positif quant à l’influence régionale d’Israël et peut, par conséquent, conduire à l’avenir à un règlement approprié pour les Palestiniens.

Un autre résultat positif pourrait être que les gouvernements arabes apprennent de l’expérience iranienne qu’il est possible non seulement de survivre mais de prospérer, sans la protection de l’Amérique. L’Iran a été farouchement indépendant et n’a pas été intimidé par les navires de guerre et les porte-avions américains.

Avec comme source: iuvmpress.com

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